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Vivre dans ce corps ... que je déteste !

Dernière mise à jour : 28 avr. 2022



Vivre dans ce corps ... que je déteste !


Il est trop petit,

Il est trop gros,

Il est trop maigre,

Il est trop grand,

Il est trop fragile,

Il est trop malade,

Il est trop faible,

Il est trop douloureux,

Il est trop mutilé,

Il est trop vieux,

Il est trop sensible ...


Il est tant de choses que je déteste ... et pourtant ... il est mon fardeau.

Je ne l'ai pas choisi mais pour mon plus grand malheur ... je le porte tous les jours.

Il m'empêche d'être ce que j'aimerai être, ce que j'aimerai devenir, ce que je croyais être.


Il est l'incarnation de mes plus grands tourments.

Il n'est rien pour moi si ce n'est ... une prison.

Il me prive de ma liberté ... jour après jour.


...


Il m'a été donné d'entendre si souvent ce type d'expérience de la part de bien des personnes qui viennent me rencontrer au détour d'un atelier ou d'une consultation. Je l'entends même au détour de conversations amicales auprès d'ami(e)s ou de la famille.


Le désarroi est tel que seules la compassion et l'empathie peuvent alors, prendre le relai car on assiste là ... à une réelle et profonde scission du corps / esprit. Comme s'il s'agissait de deux entités littéralement séparées que la Nature n'avait pas prévu de faire cohabiter.



Ainsi, j'ai envie d'aborder (encore) au travers de cet article, une particularité de notre culture occidentale (moderne) qui fonde notre compréhension des choses, de soi et de notre environnement via le prisme de notre mental et de nos perceptions erronées/limitées.


Nous avons été éduqués avec la compréhension "étrange" qu'un être humain serait comme un assemblage de diverses fonctions et capacités :


Tel que, le corps d'un côté, le mental d'un autre, l'esprit encore d'un autre, les émotions bien chaotiques dans un coin, l'énergie (quand on y croit) qui vacillerait de temps en temps selon les aléas de la vie et l'attention qu'on veut bien lui donner, sans oublier la spiritualité en marge et quand il reste un soupçon de place ...


Comme s'il s'agissait d'une recette de cuisine dans laquelle nous pourrions ajouter ce qui nous arrange quand bon nous semble, plutôt que d'avoir un "être" déjà bien complet dès le départ.


Si je garde l'exemple de la recette; lorsque les choses ne tournent plus très bien, notre premier réflexe est de scinder ce que nous sommes pour piocher dans ce que nous croyons être la cause et/ou le responsable ... en général, nous parlons du corps ou du mental.


Comme s'il était réellement possible d'aller "extraire" ce composé précis une fois que notre recette était prête. Cela n'a strictement aucun sens et ce serait faire abstraction du fonctionnement même du vivant et de l'humain.


Si je mélange de l'eau et du sel ... même si je m'aperçois que je me suis trompé, je n'ai strictement plus aucune chance de pouvoir récupérer le sel, une fois qu'il est dilué dans l'eau.


Et bien pour un être humain, c'est la même chose.


Vouloir aborder le mental sans tenir compte des autres ingrédients est tout simplement impossible voire même contre-productif et ce, pour de multiples raisons.


Notre mental est un ensemble de processus basés sur la mémoire (qui se déforme avec le temps) et la capacité de projection (idées projetées dans le temps) établis sur un socle instable qu'est l'ego, le "moi" qui se construit avec le temps sur différentes perceptions, croyances et modèles sociaux-éducatifs.


Nous "pensons" être ce que nous sommes alors qu'en fait, ce "je" n'est rien d'autre qu'une illusion à la base de toutes nos souffrances, de nos erreurs et perceptions (de nous-mêmes et du monde qui nous entoure).


Ainsi, ce "je" aimerai bien des choses qui ne sont pas "réellement" à sa portée.


Et le corps est le premier (et ultime) obstacle à sa volonté.


Pourtant, la Nature nous offre un "package" parfait dès le départ. Que l'on soit né avec ou sans problématique, il y a une "raison" naturelle à ce que la Nature produit. Ce n'est pas une question de malchance, de punition ou de quoi que ce soit d'autre ... c'est juste, ainsi.


La vie est une génératrice des "possibles" qui ne fait que produire différentes versions de possibilités d'une même forme de vie. Par exemple, les humains. Ainsi, au travers de différentes lignées familiales, des particularités vont se former au contact de plusieurs facteurs qui vont se transmettre générations après générations.


Pour certains, ce sera une question de karma, pour d'autres de punitions divines, pour d'autres encore, des épreuves de vie, etc ... comme quoi, toutes les cultures ont inventé ce qui les arrange dans leur compréhension du vivant. C'est une belle histoire à (se) raconter !


Au travers du prisme des croyances, le mental obtient donc "carte blanche" pour créer son monde et ainsi le déformer à volonté par rapport à la réalité. Et il excelle dans ce domaine, aucune limite ne lui résiste, pas mêmes celles que la Nature lui impose par définition, comme avec un corps physique par exemple.


Mais malheureusement, la réalité en est toute autre ... et elle est terriblement plus simple.


Nous avons un corps tel quel, avec ses forces, ses faiblesses, son potentiel, ses limites, etc ... Inutile de s'énerver, de s'acharner à vouloir le changer, le dépasser, le transformer, l'agresser ou le (re)nier ... nous sommes pris avec ... du début et jusqu'à la fin.


D'ailleurs, c'est grâce à lui que nous pouvons percevoir notre monde car nos sens servent de catalyseurs aux expériences du monde. J'aime le comparer à un émetteur-récepteur, il permet de capter ce qui se passe "en" et "autour" de nous mais il permet également de manifester notre intériorité dans le monde extérieur. C'est donc un "outil" formidable.


Alors pourquoi lui en vouloir ? Pourquoi devrait-il être tel qu'il n'est pas ou plus ? Pourquoi ce refus maladif de s'unir à lui ? Pourquoi cette haine envers ce qui nous permet d'interagir avec le monde qui nous entoure ?


Et si ce n'était pas lui le problème mais bel et bien "vous" ?

Votre perception ? Vos croyances ? Vos illusions ? Vos idéaux ?


Si c'était plutôt votre façon d'être et de voir qu'il faudrait (re)modeler pour les rendre plus naturelles, concrètes, adaptées au réel ... plus en phase avec ce qui est là réellement ?


Et si ce qui vous arrive était une étape nécessaire pour apprendre quelque chose d'important pour votre vie et votre évolution personnelle ?


La réplique est facile me direz-vous mais pourtant, je suis assez bien placé pour connaître ce sentiment d'impuissance voire d'injustice presque.


J'ai passé une bonne partie de ma vie avec des douleurs intestinales (parfois atroces) causées par le colon irritable. Pas la forme bégnine mais pas non plus, la forme la plus grave. Tout simple