Trop de pensées ... pour être heureux !



Trop de pensées ... pour être heureux !


Une idée en chasse souvent une autre.

Une réflexion prend la place de la précédente.

Une croyance émerge et s'installe dans nos pensées.


Il en faut peu pour se faire embarquer dans les méandres du mental et de son infini complexité. Tout part, dans tous les sens à la moindre occasion. Une petite expérience, une rencontre, une idée, un souvenir, une supposition, un "pourquoi pas" suffit pour lancer la machine. Et une fois que celle-ci est lancée, très généralement ...


C'est l'engrenage.


Une descente dans l'interminable champs des possibilités permise par le mental. Car pour lui, il n'existe aucune limite et encore moins celles du réel tant que l'on y est pas confronté directement. Tant que l'expérience ne vient pas contre-carrer l'idée, celle-ci aura une place de choix dans le "réel" de la personne. Jusqu'au moment de la confrontation où elle risque d'exploser en causant bon nombre de dégâts autour.


La complexité des possibilités, des alternatives, des variantes va nous pousser à explorer toutes les idées qui vont s'imbriquer les unes dans les autres et défiler tranquillement en nous demandant de plus en plus d'attention, de concentration et d'énergie.


Toutes les aptitudes de notre cerveau sont monopolisées pour permettre "le calcul" et la création de ces variantes. Cela en devient presque vital ... normal, rassurant.


C'est pourquoi le mental et surtout l'ego s'y accroche désespérément. Cela permet d'apporter des réponses, des semblants d'emprise et de compréhension mais surtout, cela apporte un fond de sécurité. On se sent rassuré parce que l'on sait, parce que l'on a compris.


Tout ce processus de la pensée n'est là que pour une seule chose : penser que l'on sait.

Et savoir, donne de l'assurance. L'assurance donne un sentiment de sécurité.

Jusqu'à ce que l'on soit confronté au réel et que le sentiment disparaisse.

Et que le monde s'écroule.


Mais ce n'est jamais le monde qui s'écroule, c'est l'idée que l'on avait de celui-ci. C'est l'imaginaire que l'on s'était construit autour de lui afin de le rendre plus agréable, plus confortable, plus accessible. C'est une forme d'emprise sur le réel ... par nous, par cet ego.


Par cette partie de nous qui se pense réellement exister alors qu'elle n'est rien et ne repose sur rien de concret. L'ego n'est que l'écho de nos expériences, de notre mémoire et de nos croyances. Il n'est pas notre personnalité, notre individu, notre être et encore moins l'esprit.


Prenez un instant pour observer votre mental ... quand est-il le plus actif et productif ? Quand se lance-t-il dans de grandes réflexions, de grandes constructions ?


C'est souvent lorsque l'on s'ennuie.

Enfin, plus précisément, lorsque le mental s'ennuie.

Qu'il ne trouve pas satisfaction dans ce qu'il fait à un certain moment.


C'est alors que, pour s'occuper, il va nous "envoyer" une idée, une pensée, une réflexion ou un souvenir (une mémoire). Et le processus commence à se lancer, de plus en plus vite, de plus en plus loin, avec de plus en plus de répercussions. C'est parti pour un petit tour ...


Mais, n'oubliez pas que, dès que l'on entre dans le domaine de la pensée, nous quittons le monde du réel et de l'expérience. Nous sommes pleinement et entièrement connectés à cet espace mentalisé qui nous soustrait de la réalité, de l'expérience, du ressenti et de la vie.


Pour faire simple, lorsque je suis dans ma tête, je ne suis pas dans mon corps, pas dans mes sensations, pas dans l'expérience du moment-présent, pas ici et maintenant. Je suis ailleurs.


Et c'est ailleurs n'est qu'une mémoire.

Ou une extension / projection de cette mémoire.


Mes pensées ne sont que la bibliothèque de mes souvenirs, de mes connaissances acquises. C'est un laboratoire à expérience de pensées qui dissèque les idées, les concepts, les espoirs, les peines, les croyances, les mémoires, les projections pour en faire quelques choses d'autres ...


Mais quoi ...

Cela dépendra de chacun.


Si cela est utilisé dans un contexte "productif et constructif" alors cet outil est formidable mais s'il est plutôt utilisé pour "ruminer, ressasser, juger, critiquer, agresser ou nuire" alors cet outil devient un bourreau destiner à "détruire et/ou à nous auto-détruire".


Notre culture nous conditionne dans notre fonctionnement.


Rares sont ceux qui ont appris, par leurs pairs ou par eux-mêmes, à s'extraire de cette dynamique et ainsi, se libérer du fardeau de la pensée négative et limitante. Car la pensée est un outil formidable lorsque l'on apprend à l'utiliser correctement.


Car, une fois encore, la vie n'est pas censée être "pensée".

Elle est censée être "vécue". Vécue par l'expérience.


Je ne pense pas au coucher de soleil quand je profite de celui-ci à la tombée du jour. Je profite réellement de chacun de ses rayons sur ma peau, je profite de la lumière orangée sur mes yeux ou sur mes paupières, je savoure la chaleur de la brise sur ma peau au travers de la sensation, etc ...


Je ne me dis pas : "ah qu'elle est chaude cette brise sur ma peau" ou "ah qu'il est beau cet éclat orangé que je perçois avec mes yeux ou sur mes yeux", etc ...


La pensée n'a pas sa place dans l'expérience.

Sinon, on appelle ça : une expérience de pensées.

Et c'est un tout autre sujet et une dynamique bien différente.

Car c'est un moment d'arrêt où l'on se dédie entièrement à cet exercice.


Alors "non" ... quand je suis dans mes pensées, je n'expérimente pas le réel et je ne suis pas en harmonie avec le "flow" de la vie. Je suis agrippé quelque part sur le rivage des souvenirs. Je perds des morceaux de l'expérience, je rate des moments importants parce que ... je ne suis pas là, je ne suis pas disponible pour ce qui est en train de se passer dans le "ici et maintenant".


Au regard de ces expériences, peut-on dire que nos pensées nous rendent réellement heureux ? Le contenu de nos pensées peut nous rendre heureux oui ... mais est-il réel pour autant ou est-il seulement le fruit de notre création mentale ? Comment ne pas tomber dans la déception dès que l'on sort de nos pensées et de notre tête ? Comment apprendre à être heureux SANS être dépendant de nos pensées ou d'une "interprétation" de notre réalité ?


Beaucoup de questions qui semblent futiles ou inutiles pour certains alors que pourtant, bon nombre de personnes se perdent dans leurs pensées et se retrouvent frustrés d'être confrontés à une réalité qui ne correspond pas à leurs attentes ou à leurs croyances.


J'aurai donc une ou deux questions simples à poser :


- Quelle idée ou quelle pensée peut avoir plus d'intérêt que le réel dans lequel nous vivons ?

- Quelle construction mentale est plus attrayante que l'infinie beauté et diversité du monde dans lequel nous cheminons ?


Le monde n'est pas "moche", c'est la vision que l'on en a qui le rende ainsi. Pourrions-nous peut-être changer de lentilles et regarder à nouveau ? Peut-être pourrions-nous enlever nos œillères et regarder plus largement ? Peut-être qu'un autre angle d'approche pourrait donner des réponses plus simples et passionnantes ? Les alternatives sont si nombreuses ...


Et si l'on prenait les choses pour ce qu'elles sont ... des choses.

Dénuées de tout concept, de toute idée, de toute charge mémorielle.


Pourquoi une table est-elle une table ?

Si ce n'est parce qu'on m'a appris que c'était une table.

Mais cela pourrait être tellement d'autres choses, laissez aller votre imagination.

Ne restez pas enfermés dans des conditionnements et des limitations "contextuelles".


Une table peut vite devenir une assise (pour s'asseoir), un support (pour monter dessus), une couche (pour s'allonger dessus), etc ... il y a autant de fonction que l'imagination peut en fournir.


Je prend souvent l'exemple du "bol chantant tibétain" que j'utilise lors des ateliers de méditation. Celui-ci a une certaine "valeur" parce que c'est celui-là que j'ai choisi. Il résonne spécialement pour moi et c'est ce qui m'a fait l'acheter. Mais si je le prête à quelqu'un qui ne sait pas ce qu'est "un bol tibétain", il pourrait très bien s'en servir de saladier, de marteau, de pot de fleur, d'objet pour stocker des bijoux ou des affaires, etc ...


Il ne serait pas prisonnier d'une idée, d'une pensée, d'une définition "limitante" mais il irait directement dans l'aspect "expérience" et utiliserait cet objet en fonction des capacités de celui-ci ... stockage, frappe, retenue ou autre.


Nos pensées limitent donc nos emprises sur le monde.

Nous sommes potentiellement prisonnier d'elles si l'on ne prend pas garde.


Revenons à la simplicité.

Revenons au réel.


Revenons,

Ici et maintenant.



Amicalement,

Sylvain



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