Délaisser le jugement des autres ...


En ce moment, j'ai des idées plein la tête, des projets qui me paraissent séduisants et prometteurs. Mais dès que je m’assois pour essayer de les approfondir ... ils disparaissent.


Plus je creuse pour aller les retrouver et plus je me confronte à des difficultés. Comme si une partie de moi, jouait avec mes envies, mes besoins et ma créativité.


Un mot revient souvent à ce sujet en ce moment, ce mot serait "agaçant".


N'est-ce-pas agaçant d'avoir le début, l'idée, le moteur de quelque chose mais de manquer de carburant pour l'alimenter ? Pour certain, cela peut même en devenir frustrant, mais là, on est déjà dans l'étape suivante car cela vient jouer dans nos petites bibites. On en ressentirait presque de l'énervement se manifester !


Pour ma part, je n'en suis pas là. Les idées fusent les unes après les autres et dès que j'essaie de les approfondir, elles s'enfuient. Mais ce n'est pas grave, elles reviendront si elles sont vraiment bien et porteuses de quelque chose. En attendant, je les notes dans mon cahier, je pourrais y revenir plus tard, les compléter et peut-être ... laisser aller l'inspiration et en faire quelque chose d'intéressant.


Un prochain article, une future vidéo ou peut-être même un atelier ... qui sait ... !


Depuis quelques temps, j'essaie de mettre un minimum de structure dans mes publications, dans la présentation de mon contenu. Mais étrangement, plus je m'y applique et ... moins cela fonctionne, moins c'est fluide, moins c'est naturel et par conséquent, moins c'est porteur et spontané. Alors, ça coince.


Ici, se présente le paradoxe du créateur vis à vis des attentes "supposées" de ses détracteurs. En ayant annoncé les thématiques à venir avec des dates associées, le piège se referme si l'inspiration et la créativité ne sont pas au rendez-vous dans les délais impartis. Arrgghhhh ... que faire ?


Que vont-ils penser de moi ? Comment vont-ils apprécier ou non tout ce travail fourni ? Comment juger de la qualité de cet article, de cette vidéo ou de cet atelier ?


Beaucoup de questionnements, de doutes, d'incertitudes, de projections et surtout de jugements alors que pour le moment, je n'ai encore rien produit.


Prendre conscience de la spirale en place est donc ma première étape. Ah tient ... je suis en train de me créer un stress qui, pour le moment, ne me sert en rien et, bien au contraire, me coûte beaucoup en terme de ressources et d'énergie.


Alors oui, je n'ai pas d'inspiration,

Alors oui, j'avais annoncé un article pour telle date,

Alors oui, je me sentais inspiré lors de l'annonce et j'avais confiance ...


Et bien, en fait ... pour le moment ... c'est tout. La date est encore loin, il me reste tout de même six jours pour l'écrire. Et oui, j'ai toutes les prochaines thématiques des semaines à venir qui se bousculent dans ma tête et je me dis ... mais pourquoi je leur ai dit ça ? :-/


En fait, parce que j'aime ça partager avec vous. Vous donnez des astuces, ma vision des choses, des conseils, des solutions. Par contre, après réflexion, je peux très bien le faire à mon rythme sans avoir à annoncer quoique ce soit longtemps à l'avance. En fait, je n'ai pas besoin de me mettre autant de pression, de charge, de difficultés.


Cela ne sert à rien et cela me dessert plus que cela ne m'aide. Alors, je vais prendre mon temps ... écrire lorsque cela viendra, naturellement, selon les humeurs et les expériences du moment.


C'est peut-être ça la liberté en fait. Faire ce que l'on veut, quand on le veut. Sous entendu, tout vient à point à qui sait attendre. Forcer les choses n'amène jamais rien de bon, bien au contraire. Alors pourquoi se forcer et donner un travail bâclé ou décevant avec lequel nous sommes nous-mêmes mécontent et insatisfait ?


D'où vient cette culture de la production, de la réalisation, de la performance au détriment de l'être, de la spontanéité, de la créativité libre ?


Sommes-nous réellement plus efficaces et productifs en travaillant sous obligation ? Sous le coup du stress et de l'angoisse de la perfection ?


Pour ma part, c'est clairement un non ! Mais pourtant, je me laisse avoir de temps en temps. Certains automatismes ne sont jamais bien loin ... il faut savoir en prendre conscience, les reconnaître et travailler sur eux pour les déconstruire et les dépasser.


Alors non, je ne vais pas produire ce que j'avais prévu. Et quand j'y regarde bien, apparaissent devant moi, toutes mes constructions mentales et mes croyances du genre : Et s'ils ne s'en souvenaient pas en fait ? Ils attendent pourtant après moi ! Etc ...


Est-ce que je suis le seul à me stresser pour une obligation que je me suis moi-même donné ?


Est-ce que je suis le seul à me questionner sur l'opinion ou la pensée des autres avant même que quelqu'un ne me dise quoi que se soit ?


En fait, en temps normal, cela ne me toucherait pas autant. Nous sommes tous responsable de nos propres jugements, de nos propres critiques et croyances. Alors, celles des autres ne m'intéressent en rien sauf ... si c'est dans le cas d'un but évolutif et constructif.


Je pense que cette fois, le simple fait d'avoir fait une annonce, que peut-être personne ne se souvient d'ailleurs ou qu'ils n'ont peut-être même pas vu, me contraint, m'enferme moi-même dans ma propre prison de pensées.


Alors non, je vais ouvrir cette porte et me laisser aller à la liberté, à la fluidité et à la tranquillité d'esprit.


Je ne souhaite pas / plus porter ce fardeau qui me ralenti et me coûte tant de ressources. Et étrangement, je suis en paix avec ça, cela me permet même d'apprendre une ou deux leçons au passage.


- Laisse la vie te présenter ses défis et apprend en cours de route, ne force rien. Observe et agit en conséquence. Tout simplement.


- Ne prévoit rien. L'avenir est par définition changeant, alors vouloir le structurer ne présage jamais rien de bon et ne mène qu'à des difficultés et des souffrances souvent inutiles. Le pouvoir de l'ego.


Et vous ? Êtes-vous comme moi ? Êtes-vous du genre à vous enfermer vous-même dans des obligations qui sont, la plupart du temps de simples illusions crées par vous-même ?


Comment vous en sortez-vous ?

Quelles sont vos actions efficaces ?


Amicalement,

Sylvain


Edit : (cet article date du mois d'avril mais pour une raison inconnue ... n'a jamais été publié). :-/


Sylvain Rouchié

3627, rue Saint Denis

Montréal, Québec

Membre de l'Association : 

Réseau des Massothérapeutes

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